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C’est un film hautement sympathique que celui-ci.
J’avais découvert deux BD de Riad Sattouf il y a quelques mois (Retour au collège et La vie secrète des jeunes) et j’avais été assez charmée par ce ton un peu acerbe mais encore tendre envers ses personnages.
Ici, on retrouve ce même mélange.
Il y a bien sûr de la caricature (la mère, interprétée par Noémie Lvovsky, très extrême dans son côté mère dépressive et trop présente) mais aussi pas mal de petits détails bien vus, et puis, aussi, le point de vue des filles, assez délicatement amené, avec l’incompréhension, le dégoût, l’acceptation.
Si j’avais écrit cet avis « à chaud» , j’aurais probablement mis une note un peu plus haute ; mais deux semaines plus tard, j’avoue que le film s’est un peu envolé de mon esprit.
Mais reste le plaisir de revoir Irène Jacob (Trois couleurs : Rouge, La Double vie de Véronique…)
Un film sympa et facile d’accès.
Mots-clés: Riad Sattouf, Les beaux gosses, Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Trémolières, Noémie Lvovsky, Irène Jacob,
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Adaptation d’un court roman de Neil Gaiman, Coraline est un film d’animation réalisé par l’auteur des deux excellents L’Etrange Noël de M. Jack (eh oui, Tim Burton n’en est que producteur et scénariste) et James et la pêche géante.
Le roman était déjà un peu sombre, avec des côtés relativement terrifiants, et le film s’engouffre dans cette brèche : film d’animation certes, mais pour lequel il faut être prudent si on veut y emmener de trop jeunes enfants.
L’histoire est celle de Coraline, petite fille en train de quitter l’enfance qui se retrouve, après un déménagement avec ses deux parents, un peu délaissée par ces derniers. Son esprit cynique et son sens aigu de la critique la poussent à remettre tout son entourage en question. Elle découvre alors, en explorant la maison, un double de ses parents, dévoués, attentifs, parfaits, à un détail près : ils ont, comme les poupées de chiffon, des boutons à la place des yeux.
La force de ce conte, et c’était déjà celle de l’œuvre de Neil Gaiman, c’est toute la symbolique de ce deuxième monde. C’est la petite fille en Coraline qui crée cet univers parfait (sur le papier) ; c’est l’adulte en elle qui lui donne la force de refuser cette toute-puissance du désir.
A côté de cela, visuellement, Coraline est merveilleusement soigné, avec cette animation en stop-motion et, pour les plus chanceux, un effet 3D (que, pour avoir expérimenté, j’ai trouvé assez époustouflant, mais largement moins que pour La Légende de Beowulf, par exemple, et qui, je trouve, pose parfois des problèmes de fluidité, avec quelques mouvements saccadés).
Le film suit un véritable crescendo, très bien contrôlé, et la dernière partie, celle du « jeu» entre Coraline et son « autre mère» est vraiment haletant, et esthétiquement sublime (je pense en particulier à l’évolution et à la destruction de l’» autre monde» ).
Je regrette néanmoins, par rapport au livre, l’ajout du petit garçon, qui à mon sens n’a guère d’utilité, et sans lequel Coraline s’en sortait très bien. Le vrai personnage secondaire fascinant c’est le chat, qui est à mon sens la meilleure réussite de Henry Selick. Son apparence est parfaite (noir, efflanqué et pelé) et sa voix (en VO, Keith David) est granuleuse et envoûtante à souhait.
Du côté du casting vocal justement, Teri Hatcher est plutôt très bonne dans le rôle des deux mères, mais j’ai eu un peu de mal à accrocher à celle de Dakota Fanning, avec son fort accent américain, accentuant peut-être un peu trop à mon goût le côté « pestouille» de Coraline au début du récit.
Mais malgré ces petits défauts, je trouve le film vraiment très réussi, entre l’émerveillement et le frisson, avec un certain charme qui se dégage de cette technique d’animation, et puis, le chat, aaaah, le chat…
Mots-clés: Coraline, Henry Selick, 3D, Neil Gaiman, Teri Hatcher, Dakota Fanning, Keith David, L'étrange noël de Mr Jack, The Nightmare Before Christmas, James et la pêche géante
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C’est LA nouvelle ciné de la journée, et je ne pouvais pas ne pas faire au moins un petit billet à ce sujet : la bande-annonce du tant attendu Time Traveler’s Wife est enfin tombée !
Tant attendu pourquoi ? J’en ai déjà parlé mais autant le répéter :
- Parce que c’est l’adaptation d’un roman très attachant de Audrey Niffenegger (dont le titre français est Le temps n’est rien)
– Parce que c’est une belle histoire d’amour
– Parce que c’est le premier grand rôle potentiel de l’adulée Rachel McAdams.
Bien bien bien. Voilà au moins qui réduit mon attente, puisque d’après cette bande-annonce, cette histoire d’amour profondément tragique semble réduite à une petite idylle parsemée d’ennuis.
Terriblement plat.
Vaguement mièvre.
Quel dommage.
Évidemment, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise, et je le souhaite vivement.
Un ratage serait d’autant plus rageant que Rachel McAdams est parfaite pour ce genre de rôle (cf. son interprétation parfaite dans N’oublie jamais / The Notebook)…
Sortie le 19 août en France. (On lance des paris pour la traduction du titre ?)
Et finalement, si. Je l’attends toujours autant.
Mots-clés: The Time Traveler's Wife, Rachel McAdams, Eric Bana, Robert Schwentke, Audrey Niffenegger, Le temps n'est rien, bande-annonce hd, yahoo, The Notebook, N'oublie jamais
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Ce petit film d’horreur avait récolté quelques avis étonnamment positifs à sa sortie l’an dernier.
Pour autant, je n’avais guère envie d’en faire ma soirée DVD, mais parfois la vie et le couple en décident autrement. Heureusement d’ailleurs, car sinon je me contenterais de revoir toujours les mêmes films et je passerais à côté de beaucoup de choses.
Pourtant, pas cette fois-ci.
Évidemment, ça m’a fait peur, parce que je suis très peureuse, mais bon, tout fonctionne sur une mécanique ultra-classique et rien ne sort jamais des rails.
Ah si, quand même, va-t-on m’opposer, la nature de l’» ennemi» ?! En effet, ici, les méchants, ce sont les plantes, de grosses plantes qui recouvrent la pyramide maya et qui sont capables de toutes sortes de choses, comme, entre autres, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
imiter la sonnerie d’un téléphone portable, ce qui, je l’avoue, est en effet assez cocasse dans son absurdité.
Mais là où Shyamalan dansPhénomènes avait réussi à instaurer une réelle inquiétude en plaçant le danger dans la nature, c’est qu’il l’avait placée dans le quotidien, dans la ville-même, dans le foyer, poussant ses héros à fuir, sans s’arrêter. Ici c’est tout le contraire, le danger est délimité, loin de tout, et ils n’avaient qu’à faire comme tous les autres jeunes vacanciers de Cancun et rester à l’hôtel s’ils ne voulaient pas avoir d’ennuis.
Le film est photographié par Darius Kondji mais à vrai dire cela se voit à peine (du soleil ? oui. Ok.) On reconnaît quelques acteurs de second rang comme la charmante Jena Malone (Donnie Darko, Into the wild), Jonathan Tucker (Virgin Suicides) ou encore le talentueux Joe Anderson (Across The Universe) qui est à mon sens le meilleur du lot.
Heureusement, le film se permet quelques scènes bien cracra comme une amputation à coup de pierre, un craquage de dos et de l’extirpage en tout genre. Malheureusement, ces belles plantes de synthèse manquent cruellement d’organique pour créer la texture voulue et le malaise qui en découle.
Ce que j’ai préféré dans le film est probablement son début, la présentation du groupe, les tensions et les dynamiques qui l’animent, tout cela est fascinant à voir (et d’ailleurs très long par rapport au reste, ce qui crée une certaine attente, forcément déçue).
Dans le genre filles perdues à Cancun au milieu du folklore maya, je conseille plutôt le dernier livre de Laura Kasischke, La Couronne verte…
Mots-clés: Les ruines, The ruins, Carter Smith, Jena Malone, Jonathan Tucker, Joe Anderson, Laura Ramsey, Shawn Ashmore
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[note à réévaluer éventuellement, selon comment le film vieillit dans ma tête...]
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Avant tout un GRAND merci à Caro de Into the screen de m’avoir offert de la remplacer à la projection de presse du film jeudi dernier !
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C’est l’enterrement de vie de garçon de Doug. Pour le week-end, ses amis Phil, Stu et Alan l’accompagnent dans un grand trip à Las Vegas. Mais le lendemain, lorsqu’ils s’éveillent dans leur suite luxueuse dévastée, ils ne se rappellent absolument pas ce qui s’est passé la nuit précédente…
On pouvait sûrement déjà détecter le goût du réalisateur Todd Phillips pour l’irrévérencieux, après Retour à la fac (Old School) et Starsky et Hutch ; mais cette fois, il semblerait qu’il ait décidé de tout miser dessus pour The Hangover (littéralement : « la gueule de bois» ).
On commence par une scène très tardive dans l’action, vue dans la bande-annonce : Phil annonçant à la future mariée que le mariage dans 5 heures, ça ne va pas être possible.
Puis on revient aux préparatifs du grand week-end à venir, et c’est l’occasion de présenter les 4 garçons : le futur marié beau gosse, le futur beau-frère un peu bizarre, le jeune prof radieux, irresponsable et dévergondé, et le dentiste un peu ringard, tyrannisé, même à distance, par sa copine psychorigide.
Le film va utiliser ses personnages comme des jouets, en les disposant dans toutes sortes de configurations pour explorer tout le comique qui peut en ressortir. De ce petit jeu, c’est probablement Alan (vu dans Jackpot) qui s’en sort le mieux, dans son rôle de barbu décalé.
La force de Very Bad Trip est aussi dans sa gestion du temps : les flashbacks fonctionnent à merveille, et les ellipses sont très bien utilisées, ce qui tombe bien pour un film qui parle d’une perte de mémoire ! Au lieu de montrer dans un flashback tout ce qui s’est passé (ce que pouvait laisser attendre la bande-annonce, rusé !), il choisit de disperser des indices et de conduire les héros dans une véritable enquête. C’est évidemment une clé importante dans la dynamique du film, et un sérieux atout.
Les gags sont parsemés dans le récit à un rythme soutenu ; le mécanisme s’essouffle à plusieurs reprises, mais ce n’est jamais fatal. Évidemment, il y a du mauvais goût, et quelques clins d’œil faciles (Rain Man, Casino…), on pourrait se croire chez Judd Apatow ou avec Paul Rudd, mais pas tout à fait, il y a quelque chose de moins formaté, de moins attendu.
Car le plus appréciable, c’est que cette comédie un peu trash ne s’autorise pas, comme 90% des autres, à verser dans une digression (souvent finale) pseudo-romantique et dégoulinante, comme pour se « rattraper» d’avoir été aussi vulgaire. Non, ici, on va jusqu’au bout, on ne s’excuse pas et on ne cherche pas de prétextes sentimentaux pour accrocher le public féminin.
Alors, peut-être est-ce un film pour garçons (il se vend comme tel), mais au fond, pas sûr que toutes les filles s’enfuient en courant…
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Voici le widget « transmetteur» créé pour la promotion du film Transformers 2 de Michael Bay (sortie en France de 24 juin 2009) !
Malheureusement, je doute que celui-ci, contrairement à celui de Star Trek, me fasse (et donc VOUS fasse) gagner des places… Sa fonction première est de nous tenir au courant des actualités et exclusivités autour du film.
Pour l’instant, on y trouve du contenu promotionnel classique (bande-annonce, photos à agrandir…)
A voir !
[EDIT : j'ai désactivé ce widget en attendant de trouver le moyen de le faire taire !]
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Je ne pense pas que j’y serais allée seule, voir celui-là. Pourtant, je ne fais pas partie des détracteurs extrêmes du Da Vinci Code, que je trouve simplement médiocre, mais bon, n’ayant lu aucun Dan Brown, je n’étais tout simplement pas curieuse.
Mais finalement, je trouve que pour la deuxième fois, Ron Howard ne s’en sort pas si mal, et nous fournit un divertissement qui parfois a des élans de bêtise assez effarants (mais plus drôles qu’affligeants), mais qui la plupart du temps, arrive à tenir à route.
Là, beaucoup d’écueils dans la narration (chaque « étape» est un peu répétitive, et la gestion du temps – « oh il est 21h58, zut alors» – n’est pas très bien assurée). Quelques détails font lever les yeux au ciel, mais rares sont les films d’action qui ne contiennent pas un paquet d’invraisemblances, non ? Ici, l’invraisemblance est carrément élevée en étendard, tellement présente et évidente qu’on finit par l’accepter et par ne plus la voir.
Tom Hanks passe ici un peu en touriste, et même s’il garde un air concerné, on le sent un peu extérieur. Sa comparse féminine joue les faire-valoir et Armin Mueller-Stahl (L’enquête, Les promesses de l’ombre) tient son rôle habituel de vieil homme grave et mystérieux, vaguement inquiétant.
Celui qui m’a motivée à faire le déplacement, vous vous en doutez, c’est Ewan McGregor. Et en effet, ça a été mon intérêt numéro 1 pendant le film :
En effet, dès son apparition, je l’ai trouvé bien louche, ce petit camerlingue. Bon, déjà, Ewan McGregor en soutane, on ne me la fait pas. Mais même, ce petit air doux, ces paroles affables… Trop honnête. Tout de suite, je me dis « C’est lui le méchant» . Puis, tout au long du film, je ne cesserai de revenir sur ce postulat – trop simple pour être vrai, non ? Postulat qui se trouvera enfin confirmé à la réplique « C’est lui qui a l’arme !» , avant d’être mis à nouveau à mal par le sacrifice aérien, puis confirmé pour de bon par le rebondissement final.
Ces montagnes russes ont été une vraie attraction pour moi, l’intérêt étant de décrypter les mots, chaque parole du camerlingue, et de détecter, au fond, de quel côté il se trouve. Son discours sur la science et la religion, dans le conclave, est à cet égard assez passionnant. Et c’est en ça que je trouve le pari réussi : Ron Howard nous met nous aussi dans une position d’enquêteur, à chercher les signes, les mots, les symboles.
J’oublierai ce film sûrement aussi vite que le Da Vinci Code, mais sincèrement, je trouve que ces deux films sont loin d’être honteux.
Un chapeau tout particulier pour le petit mouvement de doigts que fait Tom Hanks à la fin en tendant une tasse chaude à sa comparse. On sent l’acteur très content d’être habité jusqu’au bout des ongles. Hilarant.
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En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l’opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d’un riche fermier, qu’ils savent atteint d’une maladie incurable. Mais Abby finit par tomber amoureuse du fermier, ce qui déjoue les plans de son frère… [résumé Wikipedia]
Dernier film de Terrence Malick qui me restait à voir(avant la sortie, probablement en 2010, de son cinquième long métrage, The Tree of Life), je me sensdevant Les Moissons du ciel un peu comme devant La balade sauvage : je trouve ça beau, j’ai la sensation que c’est profond mais je n’arrive pas à voir en quoi. C’est une sensation assez désagréable, à vrai dire.
A force d’entendre parler de la puissance des films de Malick et de leur forte poésie évocatrice, mon attente a peut-être été déplacée. En effet, il me serait difficile de « m’emballer» sur un film dont le propos et le charme sont aussi diffus.
En revanche, indéniablement, les points forts sont la mise en scène, très belle et délicate, et la composition de la plupart des plans sur les champs, ou même sur les machines agricoles, digne de grands maîtres de la peinture.
De plus, Malick réussit à faire passer des choses très ténues, comme la lourdeur des épis de blés sous le vent, comme le bruit de grignotage des sauterelles, ou comme le bonheur calme qui se dégage de l’intérieur de la maison du fermier.
Du côté des personnages, c’est probablement du côté de ce « fermier» (jamais nommé autrement) interprété par Sam Shepard, promis à une mort lente, que l’on craint d’abord comme grand patron de l’exploitation, et qui s’avère être un homme seul, blessé mais extrêmement sincère. Richard Gere hérite en revanche du personnage antipathique par excellence ; Brooke Adams dans le rôle de sa fausse sœur est discrète mais très bien, et la jeune Linda Manz (qu’a-t-elle fait depuis ?) est assez touchante dans le rôle de la vraie petite sœur.
Plus qu’un vrai coup de coeur, c’est donc plus un sentiment vague qui me reste, celui des champs de blés au soleil, celui d’un incendie dévastateur, celui du vent dans les rideaux, celui des pieds dans l’eau dans un ruisseau. Ce qui, je dois l’admettre, est plutôt réussi pour un film intitulé Days of Heaven.
Mots-clés: Terrence Malick, Sam Shepard, Brooke Adams, Linda Manz, Richard Gere, Les moissons du ciel, Days of heaven, Badlands, La balade sauvage, The Tree of Life
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Christine Brown a tout d’une fille foncièrement adorable, avec sa petite bouille ronde, sa petite mèche tendrement bouclée, ses petits chemisiers tendres, et son empathie envers les clients de la banque pour laquelle elle travaille, lorsqu’ils remettent leur vie entre ses petites mains et lui demandent un prêt, qu’elle leur accorde, avec bonté.
Seulement voilà, derrière tout ça, Christine a aussi un passé de petite fermière dodue mal dans sa peau, une mère alcoolique qu’elle ne voit plus, un père décédé, un petit ami bien sous tous rapports mais dont les parents rêvent d’une autre femme pour leur fils, et surtout, un travail où, selon elle, elle n’est pas vue à sa juste valeur.
Ainsi, lorsque s’offre, de manière très claire, devant elle, le choix entre la gentillesse trop brave ou la réussite qu’elle croit avoir l’ambition d’atteindre, Christine fait un choix. Le mauvais, bien évidemment.
Christine va accomplir peu à peu les pires actes qui soient : humiliation de vieille dame, attaque à coups d’agrafes, insultes, en passant par l’éventrage de chaton et la profanation de tombe.
Sam Raimi se fait plaisir, dès le début, avec ses écrans Universal à l’ancienne, et des scènes horrifiques à bases de monstres en flash, de matières gluantes, de sang qui jaillit, et j’en passe. Beaucoup de scènes font aussi rire que peur. Mais voilà : moi je n’y peux rien, tout ça m’effraie beaucoup, j’ai donc adopté, pendant plusieurs scènes, la feinte du « regardons plutôt le haut du siège de mon voisin de devant» . Ce qui ne m’empêche pas d’avoir sursauté, planté mes ongles dans tout ce qui m’entourait, et avoir eu le sang glacé plus d’une fois.
Mais il n’y a pas que ça, je crois. Oui, on peut voir dans tout ça une débauche de scènes d’horreur à la limite du grand-guignol, un seul but de divertissement pur et dur. Mais quand même… Ce personnage de Christine Brown est sacrément singulier. Je pense en particulier au fait que les manifestations de « Lamia» arrivent toujours à un moment particulièrement inopportun (avec le patron de la banque, avec les parents de son copain…). On peut y voir la manifestation physique d’une névrose (je suis trop gentille, mais au fond je suis mauvaise) déclenchée par ce « mauvais choix» , choix par ailleurs relativement anodin dans la vie courante d’une banquière, mais trop insupportable pour Christine Brown. Dès lors, toutes les épreuves qu’elle traverse ensuite sont autant de punitions qu’elle s’inflige à elle-même. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
(Destruction de sa maison, de son bonheur, de sa chance de se faire bien voir de ses beaux-parents, de sa chance d’être promue……)
tout en lumière sur le quai de la gare, laisse apparaître un début de rédemption mais surtout de paix avec elle-même puisqu’enfin, elle reconnaît sa faute, et par là-même admet sa non-gravité. Mais il est trop tard, et dès qu’une trace de ses méfaits refait surface… c’en est fini de Christine Brown.
Alison Lohman (Les Associés, Big Fish…) est excellente, comme d’habitude, et le rôle semble presque écrit pour elle. Justin Long, dont j’avais déjà parlé pour Ce que pensent les hommes, est à mon sens toujours aussi chevalin et mollasson, sans pour autant être mauvais. Quant à Lorna Raver, elle est absolument ter-ri-fiante dans le rôle de Mrs Ganush…
Bien sûr, je ne reverrai jamais ce film ! brrrrrr
Mots-clés: Sam Raimi, Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Jusqu'en enfer, Drag Me To Hell
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